jeudi 16, avril 2026
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Sur le continent africain, le vent politique souffle dans un sens de plus en plus répressif envers les personnes LGBT+. Ces dernières années, plusieurs États ont durci leurs lois pour criminaliser davantage les relations entre personnes de même sexe, souvent au nom de la défense des valeurs culturelles et de la souveraineté nationale.
Le 30 mars, le Sénégal a rejoint cette tendance. Le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué une loi renforçant les sanctions contre les « actes contre nature », expression juridique visant les relations homosexuelles. Adopté quelques semaines plus tôt par l’Assemblée nationale, le texte porte désormais les peines encourues à cinq à dix ans de prison, contre un à cinq ans auparavant.
Cette évolution n’est pas isolée. Dans plusieurs pays africains, les autorités ont récemment renforcé les dispositifs pénaux visant les minorités sexuelles. Le cas le plus emblématique reste celui de l’Ouganda, où une loi extrêmement sévère adoptée en 2023 prévoit des peines très lourdes, allant jusqu’à la prison à vie dans certains cas. Au Ghana, un projet de loi controversé visant à criminaliser plus largement l’homosexualité et toute promotion des droits LGBT+ a également suscité une vive attention internationale.
Derrière cette dynamique législative, plusieurs facteurs se conjuguent. Les dirigeants invoquent souvent la protection des traditions africaines face à ce qu’ils décrivent comme une importation occidentale. Mais des observateurs soulignent aussi l’influence de réseaux religieux conservateurs, notamment venus des États-Unis, qui financent campagnes et mobilisations contre les droits LGBT+.
Entre affirmation souverainiste et pressions idéologiques, la question des minorités sexuelles s’impose ainsi comme un nouveau champ de bataille politique sur le continent. Une bataille où les droits humains se retrouvent, une fois de plus, pris dans l’étau des agendas politiques et des calculs de pouvoir.