mercredi 10, juin 2026
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Une vive polémique secoue actuellement l'Assemblée nationale. Selon des informations recueillies auprès de plusieurs élus, le bureau de l'institution envisagerait de faire payer aux députés les véhicules de service qui leur sont destinés, à travers des retenues mensuelles sur leurs indemnités. Le coût de chaque véhicule serait estimé à près de 30 millions de francs CFA.
La nouvelle est tombée comme une bombe. Dans les couloirs de l'Assemblée, la colère gronde et les langues se délient. Plusieurs députés dénoncent une décision qu'ils jugent incompréhensible, humiliante et contraire aux pratiques institutionnelles les plus élémentaires.
« Ils ont déjà distribué des véhicules à certains députés du MPS et aujourd'hui ils veulent nous faire payer les nôtres. Pourquoi cette différence de traitement ? », s'indigne un parlementaire particulièrement remonté.
D'autres élus vont encore plus loin. « Nous avons utilisé nos propres moyens pour battre campagne, mobiliser les électeurs et défendre les couleurs de la majorité. Aujourd'hui, on nous demande de payer un véhicule de service censé accompagner notre mission parlementaire. C'est une véritable monnaie de singe », dénonce un membre de la coalition Tchad Uni.
Au cœur des critiques figure le président de l'Assemblée nationale, Ali Kolotou Tchaïmi, dont la gestion de ce dossier soulève de nombreuses interrogations. Pourquoi faire supporter aux députés le coût d'équipements destinés à l'exercice de leur fonction ? Qui a pris cette décision ? Sur quelle base juridique repose-t-elle ? Pourquoi certains bénéficieraient-ils d'un traitement préférentiel pendant que d'autres devraient rembourser jusqu'au dernier franc ?
Dans n'importe quelle démocratie moderne, les moyens de travail des parlementaires sont considérés comme des outils institutionnels mis à leur disposition pour accomplir leur mission. Imaginer un député acheter son propre véhicule de service relève de l'absurde. C'est comme demander à un magistrat de financer son tribunal ou à un militaire de payer son véhicule de commandement.
Cette affaire intervient dans un contexte où la population tchadienne exige davantage de transparence dans la gestion des ressources publiques. Chaque franc dépensé ou réclamé mérite d'être justifié devant l'opinion nationale.
Pendant que les citoyens peinent à joindre les deux bouts, les révélations qui émergent de l'Assemblée nationale donnent l'image d'une institution en proie à des pratiques opaques et à une gestion contestée. Si ces informations venaient à être confirmées, elles constitueraient un précédent particulièrement grave dans l'histoire parlementaire du Tchad.
L'enquête se poursuit. Mais une chose est certaine : le feu couve sous les dorures de l'hémicycle et la grogne des députés pourrait rapidement se transformer en véritable crise politique interne.