mercredi 10, juin 2026
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La publication de la liste des membres du jury du Baccalauréat 2026 suscite déjà une vague d'indignation au sein du monde éducatif tchadien. De nombreux enseignants dénoncent une pratique devenue récurrente : le favoritisme et le népotisme dans la désignation des membres du jury, au détriment des véritables acteurs de l'enseignement.
Selon plusieurs sources, certains noms figurant sur cette liste appartiennent à des agents administratifs affectés dans des bureaux, loin des salles de classe et des réalités pédagogiques. Des cadres qui n'enseignent plus depuis des années se retrouvent pourtant propulsés membres du jury, tandis que des enseignants expérimentés, qui assurent quotidiennement les cours dans des conditions souvent difficiles, sont écartés sans explication.
Pour de nombreux observateurs, cette situation ne serait pas étrangère aux avantages financiers liés à cette mission. Chaque membre du jury percevrait près de 500 000 francs CFA, une somme considérable dans un contexte où les enseignants peinent à joindre les deux bouts. Dès lors, les critères de compétence et d'expérience semblent céder la place aux réseaux d'influence, aux affinités personnelles et aux recommandations de couloir.
Cette gestion opaque alimente un profond sentiment d'injustice et porte atteinte à la crédibilité même de l'organisation du baccalauréat. Les syndicats et les enseignants réclament la publication des critères de sélection ainsi qu'un audit indépendant des nominations. Car lorsqu'un examen national devient un terrain de récompenses entre initiés, c'est toute la confiance dans le système éducatif qui vacille. La transparence n'est plus une option, mais une exigence.