jeudi 16, avril 2026
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Le vernis des discours officiels ne résiste pas à l’épreuve des chiffres. Selon le rapport « Basel AML Index 2025 » publié par The Basel Institute on Governance, le Tchad figure parmi les pays africains les plus exposés au risque de blanchiment d’argent, aux côtés de la République démocratique du Congo et de la Guinée équatoriale.
Ce classement, fondé sur 17 indicateurs issus notamment du Groupe d’action financière, de Transparency International et de la Banque mondiale, ausculte la solidité des dispositifs nationaux face aux flux financiers illicites. Verdict sans appel : N’Djamena peine à verrouiller ses circuits économiques.
Corruption endémique, opacité des transactions, institutions fragilisées… le cocktail est explosif. Là où certains pays d’Afrique subsaharienne amorcent une timide remontée, 70 % d’entre eux ayant amélioré leurs scores, le Tchad, lui, s’accroche au peloton de tête des mauvais élèves, comme si la lutte contre la criminalité financière relevait du simple décor administratif.
Plus inquiétant encore, cette exposition accrue ne traduit pas seulement des failles techniques, mais une faillite politique. Sans transparence budgétaire, sans contrôle rigoureux et sans volonté réelle, les mécanismes de blanchiment prospèrent dans les interstices d’un État permissif.
À l’heure où sept des dix pays les plus réformateurs au monde sont africains, le Tchad donne l’impression de regarder le train des réformes passer… depuis le quai de l’inaction. Un immobilisme qui, à terme, risque de coûter bien plus cher que les fonds détournés eux-mêmes.