mercredi 10, juin 2026

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Centre Carter Tchad : le document qui contredit les dénégations sur le projet de licenciement de 766 employés

Alors que des responsables du Centre Carter Tchad tentent aujourd'hui de minimiser ou de nier l'existence d'un vaste projet de suppression d'emplois, des documents internes consultés par notre rédaction posent de sérieuses interrogations sur la transparence de la communication de l'institution envers ses employés et l'opinion publique.

Au cœur de la polémique figure une lettre classée confidentielle datée du 13 mai 2026, émise par la direction du Centre Carter et adressée à Dr Abdalla Metuh, Représentant Pays Senior du Centre Carter au Tchad. Ce document, revêtu de signatures électroniques de Kenya Casey, Vice-Présidente des Opérations Internationales, et Dr Kashef Ijaz, Vice-Président des Programmes de Santé, autorise explicitement la mise en œuvre d'un projet de réduction des effectifs.

Le contenu est sans équivoque. La correspondance indique que la direction du Centre Carter à Atlanta a examiné et approuvé le projet de restructuration présenté par le bureau du Tchad. Plus loin, le document précise que cette réduction des effectifs concernera la suppression de 766 emplois, justifiée par une baisse des financements.

Cette décision n'est donc pas présentée comme une simple hypothèse ou une réflexion interne. Elle apparaît comme une mesure validée par les plus hautes instances de l'organisation et dont l'exécution est confiée au bureau national.

Un courriel qui pose davantage de questions

Quelques jours après nos révélations relatives à ce projet macabre de licenciement, un message électronique émanant du Représentant Pays Senior adjoint Al-Hassana,  a été distribué à tous les travailleurs de la boîte.

Dans ce courriel, l'auteur accuse le journaliste à l'origine des révélations de « diffamations et calomnies » et invite les destinataires à s'interroger sur l'origine de la décision de licenciement. Il pose notamment la question suivante : « Qui a signé la lettre de licenciement pour licenciement économique en votre possession : le siège à Atlanta ou le bureau pays ? »

Or, cette interrogation semble trouver sa réponse dans le document confidentiel du 13 mai 2026 lui-même. Celui-ci montre que le projet émane du bureau pays du Tchad, mais qu'il a été revu, validé et autorisé par la direction du Centre Carter à Atlanta.

Autrement dit, le document établit une chaîne de responsabilité qui associe à la fois les responsables du bureau national et les dirigeants internationaux de l'organisation.

Une communication difficile à comprendre

La controverse actuelle ne porte pas uniquement sur la réduction des effectifs. Elle concerne également la manière dont les responsables ont communiqué sur ce dossier.

Si le projet n'existait pas, pourquoi une autorisation officielle de mise en œuvre a-t-elle été signée le 13 mai 2026 ? Si la suppression de 766 postes n'était pas envisagée, pourquoi ce chiffre figure-t-il noir sur blanc dans une correspondance interne validée par les plus hautes autorités du Centre Carter ?

Ces questions demeurent sans réponses claires.

Pour de nombreux employés et observateurs, la diffusion de ce document met à nue les preuves sur les prétendues contradictions entre les déclarations publiques et les décisions administratives internes.

Les travailleurs attendent des explications

Derrière les chiffres se trouvent des centaines de familles tchadiennes. Pour les employés concernés, le débat dépasse largement les querelles de communication ou les accusations croisées. Il touche à leur avenir professionnel, à leurs revenus et à leur sécurité sociale.

Face à l'émotion suscitée par ce dossier, une clarification officielle détaillée du Centre Carter apparaît désormais indispensable. Les travailleurs ont le droit de savoir si le projet approuvé le 13 mai 2026 est toujours d'actualité, suspendu ou définitivement abandonné.

En attendant, une certitude demeure : le document signé par Kenya Casey et Dr Kashef Ijaz atteste qu'une autorisation de procéder à une réduction de 766 emplois a bel et bien été accordée au bureau du Centre Carter au Tchad. Une réalité documentaire qui rend les tentatives de démenti particulièrement difficiles à soutenir sans explications supplémentaires.