jeudi 16, avril 2026
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En 2001, avec Cinquième As, MC Solaar signait un retour d’école, imposant le respect dans un paysage musical déjà tenté par la facilité sonore.
Il y a vingt-cinq ans, MC Solaar revenait aux affaires avec une œuvre taillée au scalpel. Là où certains misaient sur le vacarme, lui choisissait la précision. À contre-courant des tendances brutes, il imposait une plume ciselée, érudite, parfois mordante.
Des morceaux comme Hasta la vista ou La belle et le bad boy illustraient cette maîtrise narrative rare, entre poésie urbaine et critique sociale feutrée. Chez Solaar, chaque mot pesait, chaque image visait juste.
Mais sous le vernis littéraire, le diagnostic était sans appel : fractures sociales, désillusions et quête identitaire traversaient les textes. Sans hausser le ton, il assénait des vérités que d’autres préféraient contourner.
Un quart de siècle plus tard, Cinquième As tient toujours debout, solide, presque insolent face au temps. Une œuvre qui rappelle, avec une certaine ironie, que le fond ne se négocie pas, il s’impose.