jeudi 16, avril 2026
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Malgré les discours en faveur de l’égalité, la réalité mondiale reste alarmante. Selon le dernier rapport Women, Business and the Law 2026 publié par la Banque mondiale, seulement 4 % des femmes dans le monde vivent dans des pays où l’égalité juridique avec les hommes est presque complète.
Sur les 190 économies étudiées, aucune n’accorde encore aux femmes l’ensemble des droits économiques nécessaires pour participer pleinement à la vie productive. (Banque mondiale)
L’étude révèle surtout un décalage frappant entre les lois et leur application. En moyenne, les cadres juridiques en faveur de l’égalité obtiennent un score de 67 sur 100, mais l’application réelle de ces lois chute à 53, tandis que les systèmes permettant de garantir ces droits ne dépassent pas 47. Autrement dit, même lorsque les lois existent, elles ne sont appliquées qu’à moitié. (Banque mondiale)
La sécurité, l’accès au crédit et la garde d’enfants figurent parmi les domaines les plus déficients. Dans de nombreux pays, les femmes restent exposées à des violences ou à des discriminations qui limitent leur accès au travail et à l’entrepreneuriat. De plus, dans près de la moitié des économies étudiées, l’accès au financement reste plus difficile pour les femmes entrepreneures. (Banque mondiale)
Pourtant, l’enjeu dépasse la seule question des droits. Les experts de la Banque mondiale estiment que réduire les inégalités économiques entre hommes et femmes pourrait augmenter significativement la croissance et la création d’emplois. Exclure la moitié de la population active revient à priver les économies d’un potentiel considérable de productivité et d’innovation.
Des progrès existent : entre 2023 et 2025, 68 pays ont adopté 113 réformes juridiques visant à améliorer l’accès des femmes au travail, à l’entrepreneuriat ou aux congés parentaux. Mais pour les spécialistes, ces avancées restent insuffisantes face à l’ampleur du défi.
En clair, le monde continue de sous-exploiter l’un de ses plus grands moteurs de développement : le potentiel économique des femmes.