mardi 28, juillet 2026
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Me Ahmed Batchiret, entre incompatibilité légale et soupçons de favoritisme
L’Agence nationale de gestion des élections (ANGE) est censée être le symbole de la neutralité, de l’impartialité et de la transparence du processus électoral. Pourtant, des interrogations de plus en plus insistantes entourent aujourd’hui la situation de son président, Me Ahmed Batchiret, dont les fonctions actuelles semblent entrer en collision frontale avec les dispositions de la loi organique régissant l’institution.
En effet, la loi organique n°002 portant attributions, organisation et fonctionnement de l’Agence nationale de gestion des élections est sans ambiguïté. Son article 16 dispose clairement :
> « Les fonctions de membre de l’ANGE sont incompatibles avec la qualité de membre du Gouvernement, l’exercice de tout mandat électif, emploi public, de toute activité politique ou lucrative à l’exception des activités autorisées par la loi. »
Cette disposition constitue l’un des piliers de l’indépendance de l’institution électorale. Elle vise à éviter tout conflit d’intérêts susceptible d’entacher la crédibilité des scrutins.
Or, selon plusieurs sources concordantes, Me Ahmed Batchiret continue d’exercer des responsabilités au sein du barreau et de structures professionnelles relevant de CEMAC. Une situation qui pose une question fondamentale : comment garantir l’impartialité absolue exigée par la loi lorsque le premier responsable de l’ANGE cumule d’autres fonctions susceptibles d’être considérées comme incompatibles ?
Au-delà de cette problématique juridique, des accusations plus graves émergent des coulisses de l’institution. Une source interne affirme que plusieurs marchés et prestations liés au fonctionnement de l’ANGE sont attribués à des proches du président, notamment à son épouse et à certains membres de sa famille dont ces enfants. Ces dérives constituent un sérieux manquement aux principes de bonne gouvernance et de transparence qui devraient pourtant guider l’institution chargée d’organiser les élections.
Dans un contexte où la confiance des citoyens envers les institutions publiques demeure fragile, l’ANGE ne peut se permettre le moindre soupçon. L’exemplarité doit commencer par ceux qui la dirigent. Les textes ne peuvent être appliqués aux uns et ignorés par les autres.
Face à ces interrogations, l’opinion publique est en droit d’attendre des explications claires. Le respect de l’article 16 est-il effectif ? Les activités exercées par le président de l’ANGE sont-elles compatibles avec son mandat ? Les procédures d’attribution des marchés respectent-elles les règles de concurrence et de transparence ?
Autant de questions qui méritent des réponses précises afin de dissiper les doutes qui s’installent autour de l’institution.
Notre rédaction poursuit ses investigations sur ce dossier. Des documents et témoignages supplémentaires pourraient permettre d’éclairer davantage cette affaire qui suscite déjà de nombreuses réactions.
Affaire à suivre.