jeudi 16, avril 2026
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Au Tchad, le mariage forcé des mineures demeure une pratique persistante qui brise des vies et compromet l’avenir de nombreuses adolescentes. Mais lorsque cette pratique implique ceux qui sont censés faire respecter la loi, le scandale prend une dimension encore plus grave.
Selon plusieurs témoignages, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de N’Djamena, Moussa Abdelkerim Saleh, serait directement impliqué dans l’enlèvement d’une jeune fille âgée de 16 ans afin de la contraindre à épouser l’un de ses neveux, un homme de 45 ans. La mineure, qui vit avec sa mère au quartier Allai dans le 10ᵉ arrondissement de N’Djamena, aurait été attirée dans un piège tendu par certains membres de son entourage familial. Elle a ensuite été conduite de force au domicile du magistrat.
Cette situation est d’une extrême gravité. La législation tchadienne interdit clairement le mariage des enfants et protège les mineurs contre toute forme de contrainte ou d’exploitation. Le rôle d’un procureur de la République est précisément de poursuivre ces infractions et de protéger les victimes. S’il s’avère qu’un magistrat participe à de tels actes, il ne s’agit plus seulement d’une dérive individuelle, mais d’une atteinte directe à la crédibilité de l’institution judiciaire.
Au-delà de cette affaire, c’est toute la question de l’impunité autour des mariages forcés qui se pose au Tchad. Trop souvent, ces pratiques sont couvertes par le silence, la peur ou les relations d’influence. Pourtant, la protection des enfants n’est pas négociable.
Le ministère de la Justice et les autorités compétentes doivent impérativement ouvrir une enquête indépendante afin d’établir les responsabilités. Si les faits sont avérés, des sanctions exemplaires doivent être prises. L’État ne peut tolérer que ceux qui incarnent la loi participent à sa violation.
Affaire à suivre...