jeudi 16, avril 2026

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Modeste Nguerdé : trajectoire d’exil, d’engagement et de conquête républicaine

Dans le tumulte feutré des trajectoires migratoires devenues récits d’excellence, certaines figures s’imposent sans tambour mais avec une constance implacable.

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Modeste Nguerdé appartient à cette catégorie rare : celle des femmes qui ne quémandent pas leur place, mais la construisent, pierre après pierre, jusqu’à s’imposer dans l’architecture même des institutions.

Derrière l’écharpe tricolore fraîchement conquise, se dessine un parcours dense, presque sans répit. Originaire de Moundou, où elle obtient un baccalauréat littéraire, elle entame ses études supérieures au Cameroun avant de bifurquer vers la France. À Lyon, elle affine une double expertise : le droit international des droits de l’homme et les questions environnementales, jusqu’à décrocher un Master 2 à l’Université Jean Moulin Lyon 3. Une trajectoire académique qui ne relève ni du hasard ni du confort, mais d’une stratégie claire : comprendre les systèmes pour mieux agir sur eux.

Sur le terrain, le discours cède rapidement la place à l’action. Dès 2008, dans les zones sensibles du Tchad et du Darfour, elle travaille avec l’International Rescue Committee sur les violences basées sur le genre. Là où certains théorisent, elle écoute, accompagne, reconstruit. Puis viennent les années d’ancrage en France : accompagnement des demandeurs d’asile, coordination de dispositifs d’hébergement, gestion de centres sociaux. À la Mulatière, elle structure l’aide alimentaire avec rigueur ; à Saint-Priest, elle s’impose comme une actrice clé de la médiation sociale, au cœur des quartiers populaires.