jeudi 16, avril 2026
Frankfurt am Main : 19,9°C - Vent 6,5
Près de 4,9 millions d’enfants de moins de cinq ans sont morts dans le monde en 2024, dont 2,3 millions de nouveau-nés, selon un nouveau rapport des Nations unies publié mercredi. Un bilan jugé alarmant, d’autant plus que la majorité de ces décès aurait pu être évitée grâce à des interventions simples, peu coûteuses et à un meilleur accès aux soins
Intitulé « Taux et tendances en matière de mortalité infantile », le rapport met en évidence un net ralentissement des progrès dans la lutte contre la mortalité infantile. Si le nombre de décès a chuté de plus de 50 % depuis l’an 2000, la baisse s’est fortement essoufflée ces dernières années, avec un ralentissement estimé à plus de 60 % depuis 2015.
« Aucun enfant ne devrait mourir de maladies que nous savons prévenir », a déclaré Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF, pointant également les effets préoccupants des réductions budgétaires mondiales sur les systèmes de santé.
Parmi les causes de décès, la malnutrition aiguë sévère apparaît comme un facteur majeur. Pour la première fois, le rapport estime qu’environ 100 000 enfants en sont morts directement en 2024. Un chiffre qui pourrait être largement sous-estimé, la malnutrition affaiblissant le système immunitaire et augmentant la vulnérabilité face à des maladies pourtant évitables.
Les pays les plus touchés par les décès liés directement à la malnutrition incluent notamment le Pakistan, la Somalie et le Soudan, où les crises humanitaires et l’insécurité alimentaire aggravent la situation.
Le continent africain concentre une part disproportionnée de la mortalité infantile mondiale. En Afrique subsaharienne, un enfant sur plusieurs n’atteint pas l’âge de cinq ans, en raison d’un accès limité aux soins de santé, de la pauvreté persistante et de conflits prolongés.
Dans de nombreux pays africains, les systèmes de santé restent fragiles, confrontés à un manque de personnel, d’infrastructures et de financements. À cela s’ajoutent des défis structurels comme la malnutrition chronique, les maladies infectieuses (paludisme, pneumonie, diarrhée) et des conditions d’hygiène précaires.
Les experts soulignent pourtant que des solutions existent : vaccination, nutrition adaptée, accès à l’eau potable et soins de base pourraient permettre de sauver des millions de vies chaque année.
Le rapport insiste sur le fait que les investissements dans la santé infantile figurent parmi les mesures de développement les plus rentables. Chaque dollar investi dans la prévention et les soins de base peut générer des bénéfices économiques et sociaux considérables à long terme.
Face au ralentissement des progrès et à la menace de nouvelles coupes budgétaires, les Nations unies appellent les gouvernements et les partenaires internationaux à redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs de développement durable d’ici 2030.
Sans une mobilisation accrue, préviennent les experts, des millions d’enfants continueront de mourir chaque année de causes pourtant évitables, un constat qui reste, selon eux, « inacceptable au XXIe siècle ».