mardi 28, juillet 2026
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La gestion financière de la commune de Moundou est au cœur d’un contrôle de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC). Au centre des investigations : le paiement de dettes communales estimées à 1,4 milliard de francs CFA, effectué par le Trésorier général de la province du Logone Occidental. Une opération qui soulève de nombreuses interrogations et pousse les contrôleurs à examiner minutieusement les pièces justificatives.
Selon des informations recueillies dans le cadre de cette mission, plusieurs irrégularités présumées auraient été relevées dans les documents comptables et administratifs. Près de 90 % des bordereaux de bons de commande feraient ainsi l’objet de sérieuses interrogations. Les enquêteurs soupçonneraient l’existence de documents irréguliers, voire fabriqués, qui auraient contribué à gonfler artificiellement le niveau des dettes de la commune, en lien présumé avec d’anciens responsables municipaux.
Les investigations porteraient également sur des cas de surfacturation particulièrement surprenants. À titre d’exemple, un stylo à bille aurait été facturé à 1 000 francs CFA l’unité, alors que son prix habituel serait d’environ 100 francs. De même, un carton de ramettes de papier aurait été comptabilisé à 75 000 francs CFA, contre un prix estimé à 15 000 francs. Ces écarts, s’ils sont confirmés, pourraient constituer des éléments importants pour comprendre l’origine et la composition de la dette communale.
Dans ce contexte, il apparaît essentiel que la mission de l’AILC prenne le temps nécessaire pour procéder à une vérification approfondie de chaque bordereau, de chaque bon de commande et de chaque facture de livraison. Un contrôle croisé des documents pourrait permettre de distinguer les dettes réellement contractées par la commune des éventuels documents fictifs ou irréguliers.
Le Trésorier général de la province ainsi que le régisseur seraient désormais particulièrement scrutés par les contrôleurs. Le premier avait, par le passé, été cité dans une affaire de détournement portant, selon des sources, sur plusieurs milliards de francs CFA, avant d’être arrêté puis transféré à la prison de haute sécurité de Koro-Toro, avant sa libération. Ces éléments, qui méritent d’être documentés et vérifiés, renforcent les interrogations autour de la gestion des finances publiques.
Alors que la mission poursuit ses investigations, une question demeure : combien de ces 1,4 milliard de francs CFA de dettes sont réellement justifiés par des prestations effectivement réalisées ? La réponse pourrait dépendre d’un examen minutieux des pièces comptables et des preuves de livraison.
L’AILC est donc face à un dossier sensible. La transparence de ses conclusions sera déterminante pour faire la lumière sur la gestion financière de la commune de Moundou et, le cas échéant, établir les responsabilités. Les prochains jours pourraient révéler si derrière ces milliards se cachent de véritables dettes communales… ou une montagne de factures qui ne résiste pas à l’épreuve de la vérification.