mercredi 29, juillet 2026
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La mission de contrôle de l'Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) intensifie ses investigations à Moundou. L'ancien maire et son adjoint ont été sommés de regagner la ville, tandis que de lourdes interrogations pèsent sur la gestion municipale. Contrats controversés, patrimoine communal et soupçons de dissimulation de documents alimentent une enquête qui pourrait faire tomber bien des masques.
Depuis une semaine, la mission de l'AILC passe au peigne fin la gestion de la commune de Moundou pour les exercices 2025-2026. L'enquête a franchi un nouveau cap avec l'ordre adressé à l'ancien maire, actuellement à N'Djamena, ainsi qu'à son adjoint, de rejoindre immédiatement Moundou afin de répondre aux vérifications en cours.
Les inspecteurs s'intéressent également aux actes de l'ancien président de l'autorité intérimaire, Guelmbaye Bienvenue. Selon plusieurs sources concordantes, celui-ci aurait tenté d'obtenir la dissimulation de documents administratifs susceptibles d'intéresser la mission de contrôle. Si ces allégations étaient confirmées, elles constitueraient une entrave grave au travail des enquêteurs.
Le dossier est explosif. Il porte notamment sur des contrats jugés douteux dans les filières sésame, arachide, courge, peaux et tourteaux, la vente controversée de 1 000 batteries de lampadaires à un opérateur nigérian, ainsi que la réforme inexpliquée de plusieurs véhicules appartenant à la mairie.
À Moundou, l'attente est immense. Les habitants réclament que toute la lumière soit faite sur l'utilisation des ressources publiques et demandent à l'AILC d'étendre ses investigations aux cinq dernières années afin d'établir les responsabilités de tous les gestionnaires qui se sont succédé. Pour une population lassée des soupçons de prédation, l'heure n'est plus aux promesses, mais aux comptes à rendre.