mercredi 10, juin 2026
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La récente opération de la police municipale de N'Djamena contre la divagation des animaux pose de sérieuses interrogations. Présentée comme une mesure destinée à renforcer la sécurité routière et l'ordre urbain, cette campagne a conduit à la mise en fourrière de plusieurs animaux circulant hors des horaires autorisés. Cependant, un détail de taille saute aux yeux : les chiens errants, pourtant omniprésents dans la capitale, semblent avoir bénéficié d'une étrange immunité.
Chaque jour, les habitants de N'Djamena sont confrontés à la présence massive de chiens sur les voies publiques. Ces animaux traversent brusquement les routes, provoquent des accidents de circulation, effraient les usagers et, dans certains quartiers, s'attaquent même aux passants. Les motocyclistes, particulièrement exposés, paient souvent le prix fort de cette situation qui perdure depuis des années sans véritable réponse des autorités municipales.
Dès lors, une question mérite d'être posée : pourquoi cette opération cible-t-elle principalement les animaux domestiques ayant une valeur marchande, tels que les chèvres, les moutons, les bœufs ou les dromadaires tandis que les chiens errants continuent de déambuler librement dans les rues ?
Cette sélection nourrit les soupçons d'une campagne à géométrie variable. Si l'objectif est réellement de protéger les citoyens et d'assurer la fluidité de la circulation, alors tous les animaux constituant un danger devraient être concernés sans distinction. La sécurité publique ne saurait être partielle ni sélective.
La mairie de N'Djamena affirme vouloir instaurer une politique de « tolérance zéro ». Une telle ambition ne peut être crédible que si elle s'applique à l'ensemble des causes de l'insécurité routière liées à la divagation animale. En excluant les chiens de cette opération, les autorités donnent l'impression de combattre les conséquences visibles tout en ignorant l'une des principales sources du problème.
Les citoyens attendent une politique cohérente, équitable et efficace. Ils ne demandent pas que certains animaux soient privilégiés ou protégés, mais que les règles soient appliquées à tous. Car une mesure sélective finit toujours par perdre sa légitimité.
La lutte contre la divagation animale est une nécessité. Encore faut-il qu'elle ne se transforme pas en opération de façade où certaines bêtes sont systématiquement pourchassées pendant que d'autres continuent d'occuper les rues en toute tranquillité.