mercredi 10, juin 2026
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Au Niger, la transition militaire poursuit sa guerre ouverte contre les voix indépendantes. Dans un communiqué lu à la télévision nationale vendredi 8 mai, les autorités ont annoncé la suspension immédiate d’une dizaine de médias français, parmi lesquels Radio France Internationale, Agence France-Presse et France 24. La junte les accuse de « mettre gravement en péril l’ordre public », sans fournir d’éléments précis ni de preuves publiques.
Cette décision marque une nouvelle étape dans la détérioration des relations entre Niger et la France depuis le coup d’État militaire de juillet 2023. Après le départ des soldats français et la rupture diplomatique progressive avec Paris, le régime militaire semble désormais vouloir contrôler totalement le récit médiatique national.
Derrière le vernis sécuritaire brandi par les autorités, plusieurs observateurs dénoncent une dérive autoritaire inquiétante. Suspendre des médias internationaux au nom de “l’ordre public” devient le nouveau gourdin des régimes en mal de critiques. Quand les micros dérangent, le pouvoir sort les ciseaux. Et dans cette chasse aux informations gênantes, la liberté de la presse se retrouve une fois de plus ligotée au poteau.
La mesure provoque déjà de vives inquiétudes au sein des défenseurs des droits humains et des organisations de journalistes, qui y voient une tentative de réduire au silence toute couverture indépendante de la situation politique et sécuritaire du pays.