mardi 27, octobre 2026

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Niger : trois ans de junte, la liberté sous étau

Trois ans après le coup d’État du 26 juillet 2023, le Niger est pris entre la menace djihadiste, la restriction des libertés publiques et le rapprochement militaire avec la Russie. Au nom de la sécurité, l’espace civique se rétrécit et les voix critiques sont de plus en plus exposées.

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Depuis la chute de Mohamed Bazoum, les autorités militaires ont progressivement renforcé leur contrôle sur la vie publique. L’ancien président et son épouse, Hadiza, restent détenus à Niamey. En février 2025, le Groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a appelé à leur libération, estimant leur détention contraire au droit international.

 

La pression touche également les médias et la société civile. Journalistes, opposants et défenseurs des droits humains font l’objet d’arrestations ou de poursuites. La disparition du journaliste Moussa Kaka, le 31 août 2026, a encore ravivé les inquiétudes sur le sort des professionnels de l’information au Niger.

 

Autre sujet de préoccupation : la privation provisoire de nationalité visant plusieurs opposants ou personnalités vivant en exil. Human Rights Watch estime que ce mécanisme, fondé sur une procédure antiterroriste, comporte de sérieux risques pour les droits fondamentaux.

 

Dans l’ouest du pays, la population paie parallèlement un lourd tribut à la violence djihadiste. À Fambita, Dani Fari et Manda, des dizaines de civils ont été tués en 2025 dans des attaques attribuées à l’État islamique au Sahel.

 

C’est dans ce contexte que Niamey s’est rapproché de Moscou. Des instructeurs russes sont arrivés en 2024 et Africa Corps est désormais présent au Niger. Mais si les exactions d’Africa Corps sont largement documentées au Mali, leur attribution directe au Niger exige davantage de preuves. La prudence journalistique impose de ne pas confondre les deux théâtres.

 

Le pouvoir nigérien invoque la souveraineté et la lutte antiterroriste pour justifier ses choix. Reste une question centrale : la sécurité peut-elle durablement servir de justification à la restriction des libertés ?