jeudi 16, avril 2026
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Réunis à Yaoundé dans le cadre de la 14ᵉ Conférence ministérielle de Organisation mondiale du commerce (OMC), les ministres du commerce du monde entier s’orientent, ce dimanche 29 mars, vers un accord a minima sur la réforme d’une institution fragilisée par les tensions commerciales et les rivalités géopolitiques.
Dès l’ouverture des travaux, le ton était donné : sauver l’OMC sans la refonder en profondeur. Après quatre jours de négociations serrées, les États membres semblent privilégier un compromis pragmatique, évitant l’échec total mais repoussant les réformes structurelles les plus sensibles.
Parmi les décisions majeures, un consensus fragile se dégage sur la relance partielle du mécanisme de règlement des différends, paralysé depuis plusieurs années. Les membres ont également acté la poursuite des discussions sur la régulation des subventions industrielles, notamment dans les secteurs stratégiques, sans parvenir à un accord contraignant.
Autre avancée notable : l’engagement renouvelé en faveur de l’intégration des pays les moins avancés dans le commerce mondial. Des mesures d’assistance technique et de facilitation des échanges ont été évoquées, sans toutefois lever les barrières structurelles dénoncées de longue date par ces États.
En revanche, les divergences persistent sur les questions agricoles et les restrictions à l’exportation, révélant l’incapacité des grandes puissances à dépasser leurs intérêts nationaux. Le numérique et le commerce électronique, pourtant au cœur des mutations économiques, n’ont fait l’objet que d’engagements généraux, sans cadre réglementaire précis.
Ce compromis minimal, arraché au forceps, traduit une réalité implacable : l’OMC survit, mais peine à se réinventer. Derrière les déclarations diplomatiques, les fractures demeurent profondes, et l’organisation continue d’avancer sous perfusion politique.
À Yaoundé, le multilatéralisme commercial n’a pas été enterré. Mais il n’a pas non plus été sauvé avec panache.