jeudi 16, avril 2026
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Un remaniement ministériel du gouvernement Halina III sans avenir radieux aux attentes des tchadiens.
Le dernier remaniement ministériel opéré le 1er avril dernier, dirigé par Allah-Maye Halina apparaît davantage comme un exercice politique de redistribution des faveurs qu’une véritable réforme de gouvernance. Dans un contexte économique fragile, où le pouvoir d’achat des Tchadiens s’érode et où l’État peine à répondre aux besoins sociaux de base, la formation d’un gouvernement pléthorique renforce l’impression d’une gestion davantage guidée par des alliances politiques que par une logique technocratique.
Ce remaniement semble s’inscrire dans la continuité d'un système politique opaque dominé par le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), où les logiques de copinage, de favoritisme, d’allégeance régionale et d’équilibres internes primées sur la compétence administrative. Le résultat est un exécutif perçu comme un assemblage hétéroclite, mélangeant profils politiques obscurs et intérêts de clans, plutôt qu’une équipe resserrée capable de répondre efficacement par compétences aux défis économiques et institutionnels du pays.
Entre la technocratie de gouvernance et l'alliance politique
Dans ce dispositif, le rôle du président Mahamat Idriss Déby Itno est souvent interprété par des critiques comme celui d’un dirigeant sans notion profonde de bonne gouvernance, davantage marqué par l’héritage d'un régime militaire de son père, Idriss Déby Itno, que par une orientation réformatrice en matière de gouvernance publique. Quant au Premier ministre, son pouvoir réel apparaît limité à un protocole des intérêts claniques, ce qui alimente l’idée d’un exécutif figurant où les décisions majeures restent concentrées dans la main du MPS au sommet de l’État.
Par ailleurs, la composition du gouvernement semble répondre à des alliances géopolitiques et communautaires internes. Certaines composantes de la communauté tchadienne apparaissent bénéficier davantage de postes juteux et stratégiques, tandis que d’autres se retrouvent cantonnées à des fonctions de soumission et d’exécution avec peu d’influence décisionnelle. Cette logique entretient le sentiment d’inégalités politiques et alimente la méfiance d’une partie de la population.
Que faut-il attendre davantage pour l'amélioration de gouvernance ?
En définitive, pour de nombreux observateurs critiques, ce remaniement ressemble davantage à une manœuvre de légitime et stabilisation politique qu’à un véritable tournant dans la gestion des affaires publiques. Dans un contexte où une partie importante du peuple tchadien aspire à des réformes profondes et à une amélioration tangible des conditions de vie, la perception dominante reste celle d’un système politique qui se perpétue plutôt qu’il ne se transforme.
Gabnon Fatcham Evariste Journaliste et Analyste politique.