jeudi 16, avril 2026

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Sahel : face aux manœuvres extérieures, l’AES défend sa souveraineté

La création annoncée de l’Alliance des Démocrates du Sahel (ADS) suscite déjà de vives réactions dans l’espace sahélien. Présentée comme une coalition citoyenne destinée à « contrer les juntes militaires », cette initiative lancée à Bruxelles par une cinquantaine d’acteurs issus du Mali, du Burkina Faso et du Niger est perçue par de nombreux observateurs comme une tentative de délégitimer la dynamique souverainiste portée par l’Alliance des États du Sahel (AES).

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Selon des informations relayées notamment par Radio France Internationale, l’Alliance des Démocrates du Sahel entend défendre les libertés publiques et promouvoir le retour à l’ordre constitutionnel. Mais pour les soutiens de l’AES, ce discours masque mal une entreprise politique téléguidée depuis certaines capitales occidentales, peu enclines à accepter l’émancipation stratégique engagée par les États sahéliens.

Depuis leur arrivée au pouvoir, Assimi Goïta au Mali, Ibrahim Traoré au Burkina Faso et Abdourahamane Tiani au Niger ont engagé une rupture assumée avec les schémas de dépendance hérités de décennies d’influence extérieure. Coopération sécuritaire redéfinie, affirmation de la souveraineté économique et coordination régionale : l’AES se présente désormais comme un rempart face à l’instabilité chronique et aux ingérences.

Dans ce contexte, la naissance de l’ADS apparaît pour ses détracteurs comme une tentative de fragiliser un projet politique qui, malgré ses défis, bénéficie d’un soutien populaire non négligeable dans la région.

Au Sahel, le débat dépasse désormais la simple question des régimes militaires : il touche à une interrogation plus profonde sur l’autonomie politique et la capacité des peuples à décider eux-mêmes de leur destin.