jeudi 16, avril 2026
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Au Sénégal, le climat devient irrespirable pour les personnes accusées d’homosexualité. Depuis l’adoption, le 11 mars dernier, d’une loi renforçant les sanctions contre les relations entre personnes de même sexe, les témoignages de violences, de dénonciations et de traques se multiplient. Entre peur permanente et exil forcé, plusieurs victimes affirment ne plus pouvoir vivre librement dans leur propre pays.
Depuis l’entrée en vigueur de la loi du 11 mars qui double les peines contre l’homosexualité, le Sénégal est plongé dans une vague d’hostilité croissante à l’égard des minorités sexuelles. Arrestations, humiliations publiques, agressions physiques et campagnes de dénonciation sur les réseaux sociaux alimentent un climat de peur généralisée.
Dans plusieurs villes, des individus soupçonnés d’être homosexuels disent être devenus la cible de véritables chasses à l’homme. Certains témoignent avoir été pourchassés par des groupes organisés, parfois sous l’œil passif de leur voisinage. « Ce n’est plus possible de vivre ici », confie l’un d’eux, qui dit désormais vivre caché après avoir reçu des menaces.
Des organisations de défense des droits humains alertent sur une escalade inquiétante. Selon elles, la nouvelle législation aurait libéré la parole haineuse et encouragé les violences populaires contre les personnes perçues comme LGBT.
Face à cette situation, plusieurs victimes choisissent la fuite ou la clandestinité. D’autres tentent simplement de survivre dans un silence imposé, dans un pays où l’accusation d’homosexualité peut désormais suffire à déclencher la vindicte publique.