jeudi 16, avril 2026

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TCHAD : À LAO-ANDOUM, UN LITIGE AGRICOLE DÉGÉNÈRE ET FAIT CRAINDRE UNE FLAMBÉE DE VIOLENCE

Dans le département des Monts de Lam, la tension est montée d’un cran dans la localité de Lao-Andoum, dans la sous-préfecture de Laramanaye. Ce qui n’était au départ qu’un banal conflit champêtre entre agriculteurs et éleveurs menace désormais de se transformer en affrontements ouverts.

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A l’origine de l’affaire, un incident impliquant le jeune agriculteur Djasrabé Lévis, dont le champ contenait du coton entreposé. Selon des témoignages concordants, plusieurs bœufs appartenant à des éleveurs de la zone ont pénétré dans l’exploitation agricole et dévasté une partie des récoltes. Après avoir consommé une quantité importante de coton, deux bêtes seraient mortes.

L’affaire aurait pu s’arrêter à un simple différend à trancher par la justice. Mais la gestion initiale du dossier par les autorités locales a suscité l’indignation. Le commandant de brigade de Laramanaye avait placé l’agriculteur en garde à vue pendant dix jours, tout en exigeant le paiement d’un million de francs CFA à titre de dédommagement pour les éleveurs. Une décision jugée abusive par plusieurs habitants et qui, sous la pression de diverses interventions, a finalement conduit au transfert du dossier au parquet de Mbaïbokoum.

Saisi du litige, le tribunal correctionnel de Mbaïbokoum a rendu une décision que plusieurs observateurs locaux qualifient d’« équilibrée », visant à préserver les intérêts des deux parties.

Mais le verdict n’a visiblement pas apaisé les esprits. Mécontents, certains éleveurs ont réagi violemment en incendiant le reste des récoltes de coton appartenant à l’agriculteur. Plus inquiétant encore, des menaces de représailles circulent désormais dans la zone, certains éleveurs promettant ouvertement de « faire la guerre ».

Dans cette région déjà fragilisée par des tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs, la situation fait craindre une escalade rapide si les autorités administratives et sécuritaires n’interviennent pas avec fermeté et impartialité.

Face à ce climat explosif, plusieurs voix locales appellent à une médiation urgente afin d’éviter que ce différend agricole ne se transforme en conflit communautaire aux conséquences imprévisibles.

Affaire à suivre...

Éric Ngarlem Toldé, Journaliste engagé pour la justice et la vérité