mercredi 10, juin 2026

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Tchad : alerte rouge sur l’État de droit, un général interpelle la communauté internationale

Le vernis institutionnel se fissure, et derrière lui apparaît une mécanique bien rodée : celle d’un pouvoir qui resserre l’étau à mesure que la contestation s’organise. Dans une communication officielle adressée aux partenaires du Tchad, le général Ousmane Dillo Djerou Bedji dresse un constat sévère, presque clinique, d’une dérive autoritaire désormais assumée.

Le document, destiné notamment au Quai d’Orsay, à l’Union européenne, à l’Union africaine, à l’Organisation des Nations unies et à Amnesty International, met en lumière une série d’enlèvements visant huit leaders de partis politiques, tous membres du GCAP. Des opérations menées, selon lui, « en dehors de tout cadre légal », et qui relèvent davantage d’une logique de neutralisation que de justice.

Le ton est grave, presque glaçant. Ces arrestations ne seraient pas des faits isolés, mais l’aboutissement d’une stratégie enclenchée depuis l’assassinat de Yaya Dillo Djerou en février 2024. Depuis, le pays s’enfonce dans une routine inquiétante : arrestations ciblées, intimidations feutrées ou brutales, détentions arbitraires? le triptyque classique des régimes qui n’ont plus que la peur pour gouverner.

Un espace politique sous asphyxie

Le diagnostic est sans appel :
— L’espace politique est verrouillé ;
— L’opposition muselée ;
— Les institutions instrumentalisées ;
— Le climat sécuritaire sous tension permanente.

Autrement dit, le débat public n’est plus un terrain d’idées, mais un champ miné où chaque prise de parole peut coûter la liberté? voire davantage.

Une dérive aux conséquences explosives

Le général ne se contente pas de constater. Il alerte. Car derrière cette crispation autoritaire se profile une instabilité plus large : radicalisation des tensions internes, fractures communautaires, affaiblissement régional. Et, suprême ironie, une perte de crédibilité internationale pour un régime qui prétend pourtant incarner la stabilité.

À force de gouverner par la contrainte, le pouvoir tchadien joue avec une allumette dans une poudrière.

Appel à une riposte internationale

Face à cette situation, les recommandations sont claires, presque martelées :

— Exiger des informations immédiates sur les personnes enlevées ;
— Obtenir leur libération sans délai ;
— Renforcer la surveillance des droits humains ;
— Envisager des sanctions ciblées ;
— Conditionner toute coopération au respect des engagements internationaux.

En filigrane, une idée simple : l’inaction serait une complicité silencieuse.

Le Tchad à la croisée des chemins

Le message se conclut sur une évidence que certains feignent d’ignorer : la stabilité d’un pays ne se décrète pas à coups de décrets sécuritaires. Elle se construit sur la légitimité, le respect des droits et l’inclusion politique.

Or aujourd’hui, au Tchad, ces piliers vacillent dangereusement.

Reste à savoir si les partenaires internationaux choisiront d’ouvrir les yeux… ou de continuer à regarder ailleurs, avec cette élégance diplomatique qui, parfois, confine à l’aveuglement volontaire.