mercredi 10, juin 2026

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Tchad : arrestations massives de leaders de l’opposition, une dérive autoritaire préoccupante

En notre qualité de défenseur des droits de l’homme et d’ancien conseiller aux droits humains à la Présidence de la République du Tchad durant la transition politique (2021-2024), nous souhaitons porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale les arrestations massives visant les responsables de la coalition de l’opposition démocratique tchadienne.

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Depuis l’accession au pouvoir de Monsieur Mahamat Idriss Déby Itno, à la suite d’une succession contestée en 2021, le Tchad s’enfonce dans une gouvernance marquée par des pratiques autoritaires, rappelant les dérives des régimes autocratiques des décennies passées.

 

C’est dans ce contexte de verrouillage de l’espace démocratique que le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) avait annoncé l’organisation d’une marche pacifique pour dénoncer la situation politique du pays.

 

Contre toute attente, la Cour suprême du Tchad, perçue comme inféodée au pouvoir, a prononcé la dissolution de cette coalition et le gel de ses activités par l’arrêt n°002/CA/SC/2026 en date du 24 avril 2026.

 

Dans un climat déjà marqué par des menaces persistantes à l’encontre des membres du GCAP, principale coalition de l’opposition démocratique pacifique encore active, les autorités ont franchi un nouveau cap. Le vendredi 25 avril 2026, elles ont procédé à l’arrestation de plusieurs de ses principaux dirigeants, dans une tentative manifeste de faire taire toute voix dissidente.

 

Personnalités arrêtées :

 

Max Kemkoye, président de l’Union des Démocrates pour le Développement et le Progrès (UDDP)

Dr Nassour Koursami, président du parti Les Patriotes

Pr Avocksouma Djona, président du parti Les Démocrates

Ces arrestations interviennent à seulement une semaine de la manifestation pacifique prévue le 2 mai 2026, renforçant les inquiétudes quant à une volonté délibérée d’étouffer toute mobilisation citoyenne.

Face à cette chape de plomb qui pèse sur le Tchad, le silence de la communauté internationale suscite une vive incompréhension. Au regard de la gravité de la situation, nous :

 

Condamnons fermement ces arrestations arbitraires visant les leaders du GCAP ;

Exigeons leur libération immédiate et sans condition ;

Appelons la communauté africaine et internationale à rompre son silence et à exprimer clairement ses préoccupations face à la dégradation continue de la situation des droits humains au Tchad.

                                                                                                                                      Fait à Paris, le 25 avril 2026

 

                                           Makaila N’Guebla

                             Défenseur des droits de l’homme

                       Ancien conseiller aux droits humains à la Présidence de la République du Tchad

(Période de transition 2021-2024) Tel : 00 33 7 58 24 91 34