jeudi 16, avril 2026

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Tchad : la République confisquée, le Trésor public transformé en caisse noire du pouvoir

Au Tchad, l’État donne de plus en plus l’impression d’être administré comme une caisse privée. Selon plusieurs sources proches des cercles du pouvoir, les recettes publiques douanes, impôts et autres prélèvements, ne transiteraient plus normalement par les circuits du Trésor. Elles seraient directement orientées vers la présidence de Mahamat Idriss Déby Itno, transformant les finances publiques en instrument de survie politique

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D’après ces sources concordantes, les recettes douanières et fiscales seraient utilisées pour financer une vaste opération de neutralisation des oppositions internes. Dissidents politiques, relais influents et familles de généraux récemment tués bénéficieraient de versements destinés à acheter le silence ou à contenir les contestations. Un système où l’argent public devient la monnaie d’une fragile loyauté.

Plus inquiétant encore, certaines banques auraient été contraintes de mobiliser des fonds pour alimenter ce dispositif. Sous pression, elles seraient obligées de décaisser des montants importants, malgré leurs réticences, afin de répondre aux demandes venues du sommet de l’État.

Dans ce tableau déjà sombre, une autre révélation jette une lumière crue sur les alliances régionales du moment. Selon ces mêmes sources, une partie des salaires des fonctionnaires tchadiens serait actuellement soutenue par les Émirats arabes unis. En contrepartie, N’Djamena maintiendrait son soutien politique et logistique aux Forces de soutien rapide engagées dans la guerre au Soudan.

Cette dépendance extérieure, si elle se confirme, poserait une question grave de souveraineté. Car un État dont les salaires publics reposent sur des financements étrangers se retrouve de facto sous influence.

Enfin, les revenus du pétrole, censés constituer l’ossature financière du pays, ne seraient pas épargnés. Plusieurs témoignages indiquent qu’ils seraient eux aussi captés dans un système opaque, loin des mécanismes budgétaires officiels. Autrement dit, la principale richesse nationale servirait désormais de carburant politique à un pouvoir contesté.

Dans un pays déjà éprouvé par les crises sécuritaires et sociales, cette gestion parallèle des finances publiques risque d’aggraver la défiance entre l’État et les citoyens. Lorsque le Trésor devient une tirelire présidentielle, ce n’est plus seulement l’économie qui vacille : c’est la crédibilité même de la République qui s’effondre