jeudi 16, avril 2026

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Tchad : l’agression d’un journaliste déclenche une levée de boucliers nationale et panafricaine

L’onde de choc dépasse désormais les frontières. Après l’alerte lancée par l’Association des Médias en Ligne du Tchad, c’est au tour de la Plateforme des Journalistes Panafricains de monter au créneau, dénonçant avec une rare fermeté l’agression du journaliste de Tchadinfos, Souleymane Brahim, survenue le 28 mars à N'Djamena.

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Les faits, tels que recoupés par les deux organisations, relèvent d’une mécanique d’intimidation glaçante : filature, interception, insultes et menace à l’arme de poing par des individus circulant dans un véhicule sans immatriculation. Il aura fallu l’intervention inopinée de passants pour éviter que l’irréparable ne soit commis. Une scène digne d’un État où la loi s’efface devant la brutalité.

 

Dans leurs communiqués respectifs, l’AMET et la PJP ne se contentent pas de condamner. Elles décrivent un climat devenu irrespirable pour les professionnels de l’information. « Informer est en train de devenir un acte de bravoure », semble être le sous-texte d’une indignation qui ne cache plus son exaspération face à la répétition de telles exactions.

 

La PJP élargit le constat, pointant une dérive plus large à l’échelle du continent, particulièrement dans la région sahélienne. Elle rappelle, avec une rigueur sans concession, que protéger les journalistes n’est ni une faveur ni une option, mais une obligation fondamentale des États.

 

Les exigences sont claires et sans détour : ouverture d’une enquête indépendante, identification et poursuite des auteurs, et surtout mise en place de garanties réelles pour la sécurité des journalistes. Car à force de tolérer l’intolérable, c’est la liberté d’informer qui s’effondre, pierre après pierre.

 

À Brazzaville comme à N’Djamena, le ton est désormais donné : la solidarité journalistique s’organise, et le silence n’est plus une option. Reste à savoir si les autorités répondront à cet appel, ou si, une fois encore, l’impunité servira de réponse officielle.