mercredi 10, juin 2026

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Tchad : Le consulat général du Tchad à Douala au Cameroun sous le feu de graves accusations de trafics et de pratiques opaques

Ce qui devait incarner la dignité diplomatique du Tchad à l’étranger ressemble désormais, selon plusieurs documents et témoignages consultés, à une zone grise où se mêlent influences, arrangements obscurs et soupçons de trafics transfrontaliers. Le consulat général du Tchad au Cameroun est aujourd’hui éclaboussé par de lourdes accusations mettant directement en cause son responsable, Djimet Abdallah Eggeur.

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Au cœur des dénonciations : un réseau de transit de produits pharmaceutiques prohibés et périmés en provenance d’Inde, acheminés vers le Tchad via le corridor camerounais. Selon des documents liés au transport et au commerce transitaire consultés par notre rédaction, plusieurs cargaisons ont bénéficié d’une couverture diplomatique destinée à contourner certains contrôles douaniers. Si les faits venaient à être établis, il s’agirait d’un scandale d’une gravité exceptionnelle, mêlant santé publique, abus de fonction et instrumentalisation de l’appareil diplomatique.

 

Mais ce n’est pas tout. Des transporteurs dénoncent également un système parallèle imposant le paiement de 12.500 FCFA pour la délivrance de procurations concernant les camions en transit entre Douala et N’Djamena. Aucun reçu officiel du Trésor public n'est délivré. Une mécanique opaque qui alimente les soupçons d’une administration transformée en péage officieux au profit de réseaux particuliers.

 

Dans les couloirs diplomatiques, plusieurs sources décrivent un climat de défiance et d’intimidation. Le consul a bâti autour de lui un cercle d’influence reposant sur des connexions sécuritaires et politiques, utilisées comme bouclier face aux critiques et aux alertes internes. Pendant que les commerçants subissent pressions et tracasseries, certains réseaux semblent circuler avec une facilité déconcertante sous couvert de privilèges diplomatiques.

 

Le plus inquiétant demeure ailleurs : lorsque les représentations consulaires cessent d’être des institutions de protection des citoyens pour devenir des plaques tournantes d’intérêts obscurs, c’est l’image même de l’État tchadien qui se retrouve traînée dans la boue. Un consulat n’est ni un comptoir de transit clandestin, ni une forteresse d’impunité bâtie autour d’un homme et de ses relais.

 

Face à la gravité des accusations, les autorités tchadiennes compétentes, les services diplomatiques ainsi que les structures de contrôle financier et douanier sont désormais attendus sur des réponses claires. Car à force de couvrir les dérives derrière les rideaux du silence administratif, certains finissent par transformer la République en simple terrain de commerce des influences et des privilèges. Nous y reviendrons avec plus de détails.

Affaire à suivre...