jeudi 11, juin 2026

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Tchad : le GCAP appelle à une marche d’indignation nationale, la diaspora en première ligne

Le ton est grave, presque funèbre. Dans un appel solennel daté du 18 avril 2026, le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) convie les Tchadiens, y compris ceux de la diaspora, à une marche nationale d’indignation et de protestation prévue le 2 mai prochain. Une mobilisation qui se veut à la fois un cri d’alerte et un acte de rupture face à ce que l’organisation qualifie de « mal gouvernance chronique ».

Dans ce document dense, le GCAP dresse un réquisitoire sévère contre le pouvoir en place. Au cœur des griefs : restrictions des libertés publiques, verrouillage du jeu politique, et instrumentalisation des institutions. Les ordonnances encadrant l’état d’urgence, les réunions publiques et les manifestations sont dénoncées comme autant d’outils de musellement systématique.

Le texte évoque également un climat de terreur politique marqué par des violences répétées et des crimes restés impunis. Les assassinats de figures politiques et les événements sanglants récents sont cités comme symboles d’un État défaillant, incapable? ou refusant? de garantir justice et sécurité.

Plus encore, le GCAP fustige une justice « au service d’un système », accusée d’avoir abandonné toute prétention d’équité. Dans un pays où, selon le document, les citoyens vivent entre peur et résignation, l’appel à manifester se présente comme un sursaut vital.

Dans une série de questions incisives, presque accusatoires, les signataires interpellent la conscience nationale : comment mettre fin aux abus, aux tueries, à l’impunité ? Comment redonner espoir à une population « désabusée » ?

La réponse, selon le GCAP, ne viendra pas d’en haut. Elle dépendra de la mobilisation collective. « Notre liberté ne naîtra que de notre courage », conclut le texte, appelant à une démonstration de force pacifique sur l’ensemble du territoire et au-delà.

Reste à savoir si cet appel sera entendu? et surtout, toléré? dans un contexte où manifester relève déjà, pour beaucoup, d’un acte de bravoure.