jeudi 16, avril 2026
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Au Tchad, la question des conditions de détention revient une nouvelle fois sur le devant de la scène administrative. Par une circulaire, le ministre de la Justice, Dr Youssouf Tom, a tiré la sonnette d’alarme sur les insuffisances constatées dans le fonctionnement des maisons d’arrêt, notamment en ce qui concerne l’alimentation des détenus
Adressé aux délégués généraux du gouvernement dans les provinces, aux premiers présidents des cours d’appel, aux présidents des tribunaux de grande instance, aux juges de paix ainsi qu’aux délégués provinciaux chargés des droits humains, le document rappelle avec fermeté les obligations légales relatives à la prise en charge des personnes privées de liberté.
Selon la circulaire, plusieurs défaillances ont été observées dans le suivi des prestations obligatoires destinées aux détenus. Le ministère insiste particulièrement sur le contrôle strict de la qualité, de la quantité et de la conformité des denrées alimentaires livrées aux établissements pénitentiaires.
Les autorités provinciales sont désormais appelées à s’assurer que les détenus bénéficient effectivement des prestations prévues par la réglementation. À cet effet, la circulaire exige une vérification systématique des documents liés à la fourniture des vivres, notamment les bons de commande, les procès-verbaux de réception et les factures correspondantes.
Tout manquement constaté devra faire l’objet d’un rapport circonstancié adressé sans délai au ministère de la Justice pour les suites nécessaires.
Par cette mesure, le ministère entend visiblement mettre fin aux dérives administratives et aux négligences qui, dans plusieurs établissements pénitentiaires, ont souvent transformé l’alimentation des détenus en une zone d’ombre propice aux irrégularités.
Dans un système carcéral déjà confronté à la surpopulation, au manque de moyens et à des conditions de détention régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits humains, cette circulaire apparaît comme un rappel à l’ordre adressé aux responsables locaux. Reste désormais à savoir si cette instruction administrative sera appliquée avec la rigueur annoncée ou si elle viendra simplement rejoindre la longue liste des textes officiels que l’administration publie avec solennité… avant de les laisser dormir dans les tiroirs.
Eric Ngarlem Toldé, Journaliste engagé pour la justice et la vérité