jeudi 16, avril 2026
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Au moment où le baril de pétrole flambe sur les marchés internationaux, dépassant désormais les 120 dollars, une révélation suscite indignation et interrogations : le pétrole tchadien serait engagé à environ 65 dollars le baril dans des accords financiers pilotés par le ministre des Finances, Tahir Hamid Nguilin jusqu'à 2027. Une opération qui, pour de nombreux observateurs, ressemble moins à une stratégie économique qu’à une véritable hypothèque sur les ressources nationales.
Dans un contexte où les finances publiques du Tchad restent fragilisées par une dette lourde et persistante, la décision d’adosser le pétrole à un prix aussi bas apparaît comme un pari périlleux. Car pendant que les cours internationaux grimpent, le pays, lui, semble condamné à livrer son brut à prix cassé, privant ainsi l’État de recettes vitales.
Cette pratique, déjà utilisée par le passé pour obtenir des avances financières rapides, consiste à engager les revenus pétroliers futurs en garantie de prêts. Mais lorsque ces engagements sont conclus à des prix très inférieurs à ceux du marché, l’opération devient une saignée budgétaire. Autrement dit, pendant que le pétrole s’échange à plus de 120 dollars ailleurs, le Tchad pourrait continuer à céder le sien presque à moitié prix.
Les conséquences sont lourdes. Moins de recettes pour l’État signifie moins de moyens pour l’éducation, la santé ou les infrastructures. Et pendant que la population subit la cherté de la vie, les ressources stratégiques du pays se retrouvent immobilisées dans des montages financiers opaques.
De nombreux économistes dénoncent ainsi une gestion à courte vue des ressources nationales. Au lieu de profiter de la hausse mondiale des prix du brut pour renflouer les caisses publiques, le pays se retrouve enfermé dans des contrats qui profitent davantage aux créanciers qu’aux citoyens.
Pour les critiques, la responsabilité politique de Tahir Hamid Nguilin est directement engagée. Le ministère des Finances est en première ligne dans ces mécanismes d’endettement adossés au pétrole. Et à force d’anticiper les recettes futures pour couvrir les déficits présents, le risque est clair : transformer la principale richesse du pays en simple caution financière.
Car au bout du compte, c’est toute la souveraineté économique du Tchad qui vacille. Un pétrole bradé aujourd’hui, ce sont des générations privées demain de la pleine valeur de leur patrimoine national.
La question demeure donc entière : jusqu’à quand les ressources stratégiques du pays seront-elles sacrifiées sur l’autel d’une gestion financière aussi contestée ?