jeudi 11, juin 2026

Frankfurt am Main : 10,8°C - Vent 8,2

Tchad : les enseignants haussent le ton face aux promesses sans lendemain

À N'Djamena, le vernis du dialogue social se fissure. Dans un point de presse au ton mesuré mais au fond explosif, la section provinciale du Syndicat des enseignants du Tchad (SET) est sortie de sa réserve pour dénoncer ce qu’elle considère comme une accumulation de manquements gouvernementaux.

Image

Derrière les formules protocolaires, le message est limpide : la patience des enseignants s’épuise. Le dépassement de la date butoir du 3 avril 2026 pour la signature du protocole d’accord, lié notamment au décret 2850, est perçu comme une manœuvre dilatoire. Le syndicat parle sans détour d’une lenteur « voulue et orchestrée », une accusation lourde qui met à nu les failles d’un dialogue social en roue libre.

 

Mais le grief le plus cinglant reste la ponction des salaires du mois de février. Pour le SET, il ne s’agit ni d’une erreur technique ni d’un simple dysfonctionnement administratif, mais d’une violation flagrante des textes en vigueur. L’exigence est ferme : remboursement intégral et sans condition avant fin avril.

 

Dans cette atmosphère électrique, le ministre d’État en charge de l’Éducation nationale, Mahamat Ahmad Alhabo, est directement interpellé. Le syndicat l’exhorte à sortir du confort des annonces pour affronter, sans détour, les crises structurelles qui minent l’école tchadienne.

 

Le ton se durcit encore : les enseignants, qualifiés de « piliers du système éducatif », réclament plus que des discours, du respect, des actes et des garanties. En filigrane, une menace à peine voilée : faute de solutions rapides, des actions syndicales d’envergure pourraient être déclenchées.

 

Ainsi, entre promesses officielles et réalités salariales amputées, l’école tchadienne vacille. Et cette fois, les enseignants semblent décidés à ne plus se contenter de mots.