mercredi 10, juin 2026
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Pendant que le pétrole tchadien continue de couler des profondeurs du sous-sol national, les régions productrices, elles, semblent sombrer dans un profond puits d’abandon. Le Logone Oriental, le Logone Occidental et le Chari-Baguirmi, territoires qui portent une part importante du poids de la production pétrolière nationale, broient aujourd’hui du noir au sens propre comme au figuré.
Au centre des critiques : le ministre d’État chargé des Finances, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, régulièrement présenté par les tchadiens avertis comme l’homme aux pouvoirs tentaculaires au sein de l’appareil étatique. Pour nombre d’observateurs, une concentration excessive de responsabilités et de décisions semble désormais s’installer au sommet de la machine administrative, au point où certains parlent, avec ironie et amertume, d’un « deuxième président ».
Dans les provinces productrices, les frustrations s’accumulent. Les populations dénoncent l’absence de solutions concrètes face aux difficultés locales. Routes dégradées, chômage persistant, infrastructures insuffisantes, attentes sociales ignorées : les problèmes ne disparaissent pas, ils changeraient simplement de visage.
Plus grave encore, des interrogations persistent autour de la gestion des revenus pétroliers. Alors que certains évoquent l’hypothèque de ressources futures et une gestion opaque des recettes, les inquiétudes grandissent sur l’avenir des mécanismes de redistribution destinés aux zones productrices.
Des rumeurs insistantes évoquent même une possible remise en question du système des 5 % destinés aux provinces concernées. Une éventualité qui provoquerait un séisme politique majeur dans des localités qui considèrent déjà ne pas bénéficier suffisamment des richesses extraites de leurs terres.
Deux mois après certaines orientations présidentielles attendues sur ces dossiers, les populations disent ne constater aucun changement tangible. Le sentiment qui monte n’est plus seulement celui de l’abandon : il se transforme progressivement en défiance.
Car une question demeure entière : comment des régions qui produisent la richesse nationale peuvent-elles continuer à vivre dans la précarité et l’incertitude ? Lorsque le pétrole enrichit l’État mais laisse ses terres d’origine dans la détresse, ce n’est plus seulement une crise de gestion ; c’est un problème de justice territoriale.