jeudi 16, avril 2026
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À N’Djamena, le climat politique se tend à nouveau. Réunis ce 8 avril 2026 lors d’une conférence de presse organisée à la salle du 27 novembre de FM Liberté, les membres du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP) ont livré une charge sévère contre la gestion du pays par le pouvoir en place. Dans un liminaire particulièrement virulent, l’opposition affirme que le Tchad est plongé dans « des abîmes politiques, socioéconomiques et sécuritaires » et dénonce une gouvernance incapable de répondre aux attentes des citoyens.
Au cœur des critiques figure l’attaque de drone survenue le 18 mars 2026 à Tiné Djagaraba. Pour le GCAP, la communication officielle autour de l’enquête soulève de sérieuses incohérences. Les opposants contestent notamment la compétence du procureur de la République pour se prononcer sur une attaque militaire impliquant potentiellement des acteurs étrangers. Selon eux, un tel dossier relève d’instances spécialisées ou du droit international. Ils menacent ainsi de saisir la Cour pénale internationale si des « explications claires » ne sont pas fournies par le gouvernement.
Autre sujet de polémique : l’envoi d’un contingent tchadien en Haïti dans le cadre d’une force multinationale destinée à lutter contre les gangs armés. Pour l’opposition, cette décision apparaît incompréhensible alors que le pays lui-même est confronté à une dégradation persistante de la sécurité. Le GCAP rappelle la multiplication récente d’assassinats, d’enlèvements et d’actes de violence dans la capitale N’Djamena, estimant que les autorités devraient d’abord garantir la protection des citoyens sur le territoire national.
Le remaniement gouvernemental récemment annoncé est également passé au crible. Les opposants dénoncent ce qu’ils qualifient de « jeu politique improvisé », pointant notamment la création d’un poste de vice-premier ministre sans cadre juridique clair. Selon eux, cette décision illustre l’amateurisme d’un système où les responsabilités ministérielles seraient devenues « un marché des parvenus ».
Au-delà des critiques institutionnelles, l’opposition dresse un tableau sombre de la situation du pays : pauvreté persistante, infrastructures insuffisantes, libertés publiques restreintes et tensions sécuritaires dans plusieurs régions. Elle accuse le pouvoir de présenter à l’international l’image d’un Tchad prospère, alors que la réalité vécue par la population serait tout autre.
Face à ce qu’elle qualifie de « tragédie nationale », l’opposition appelle à une « marche d’indignation et de protestation nationale » le 2 mai 2026 à travers tout le pays ainsi que devant les ambassades du Tchad à l’étranger. Un appel qui pourrait marquer une nouvelle séquence de confrontation politique dans un contexte déjà particulièrement tendu.