jeudi 11, juin 2026

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Tchad : l’opposition sonne la charge après l’interdiction du GCAP et une vague d’arrestations

Le ton est grave, la plume acérée. Dans un communiqué conjoint daté du 25 avril 2026, plusieurs partis de l’opposition tchadienne dénoncent ce qu’ils qualifient sans détour de « manœuvre d’effacement » du GCAP (Groupe de Concertation des Acteurs Politiques), à la suite d’une décision controversée attribuée à la Cour suprême.

Au cœur de la tempête : l’annonce, par le ministère de la Sécurité publique, de la nullité du GCAP. Une démarche qui, pour les signataires, relève d’un vice fondamental. « Qu’un arrêt de justice soit proclamé par voie administrative plutôt que judiciaire constitue une immixtion flagrante de l’Exécutif dans le Judiciaire », martèlent-ils, invoquant une violation frontale du principe sacro-saint de séparation des pouvoirs.

Mais le droit n’est pas seul à vaciller. Le terrain politique, lui, s’embrase. Dès le lendemain de cette annonce, plusieurs figures de l’opposition sont interpellées. Parmi elles, des leaders bien installés dans le paysage politique : Avocksouma Atchénémou Djona, Néatobi Bidi Valentin, Nassour Koursami, Kéléou Mbombaye, Badono Dalgou, Ahmat Bokary, Max Kemkoye et Mahamat Djara. Une rafle que les partis qualifient d’« arbitraire », dénonçant des arrestations sans mandat ni infraction caractérisée.

Dans un style juridique qui tranche avec la brutalité des faits, le communiqué démonte point par point la procédure. Absence de notification aux parties concernées, défaut de débat contradictoire, inexistence de motivation de la décision : autant de griefs qui, selon l’opposition, vident la décision de toute légitimité.

Le GCAP, présenté comme un cadre « républicain et pacifique », devient ainsi le symbole d’un bras de fer politique qui ne dit pas encore son nom, mais dont les contours se précisent dangereusement.

Face à ce qu’ils considèrent comme une dérive autoritaire, les partis signataires passent à l’offensive. Ils exigent :

la publication intégrale de l’arrêt incriminé ;

le respect strict des procédures judiciaires ;

la libération immédiate et sans condition des personnes arrêtées ;

la fin des ingérences de l’exécutif dans les affaires judiciaires.


Dans une posture mêlant fermeté et prudence, ils appellent leurs militants au calme, tout en les invitant à une « mobilisation pacifique ». Une formule classique, mais qui, dans le contexte tchadien, résonne comme un avertissement à peine voilé.

Enfin, l’opposition élargit le cercle des témoins. Le peuple tchadien, mais aussi les partenaires internationaux, notamment l’Union africaine et la CEEAC, sont appelés à constater ce qu’elle décrit comme une « dérive grave contre l’État de droit ».

Derrière la rhétorique juridique, une réalité plus crue se dessine : celle d’un espace politique qui se rétrécit, et d’une opposition sommée de choisir entre silence et confrontation. Le communiqué n’est pas qu’un texte. C’est un signal. Et peut-être, le prélude d’un affrontement plus large.