jeudi 16, avril 2026
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Dans les couloirs feutrés du pouvoir, une nouvelle intrigue se trame, loin des discours officiels sur la moralisation de la vie publique. Selon des informations concordantes, trois poids lourds du gouvernement auraient obtenu la tête du contrôleur général de l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC), Ousman Djougourou.
Au cœur de cette offensive : le ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, Mahamat Assileck Halata ; le vice-Premier ministre chargé de l’Administration du territoire, Limane Mahamat ; et le ministre des Finances, Tahir Hamid Nguilin. Avec l’appui du Premier ministre Allah May Halina, ces responsables auraient pesé de tout leur poids pour provoquer l’éviction du contrôleur général.
La décision, apprend-on, serait déjà posée sur la table du président Mahamat Idriss Déby Itno, en attente de signature. Une formalité administrative, diront certains. Une capitulation politique, rétorquent d’autres.
Car derrière ce limogeage annoncé se dessine une mécanique bien huilée : neutraliser ceux qui dérangent. Ousman Djougourou n’aurait-il pas mis les doigts dans des dossiers sensibles ? Dans un pays où la lutte contre la corruption est souvent proclamée mais rarement pratiquée, certains responsables semblent préférer couper la tête du messager plutôt que d’assainir la maison.
Pendant ce temps, la nouvelle ministre de la Justice, Ndolénodji Alixe Naïmbaye, hérite d’un chantier explosif : la réhabilitation des magistrats suspendus et la gestion de dossiers judiciaires brûlants, dont certains liés au trafic de drogue. Mais dans ce théâtre politique où les vérités sont souvent maquillées, les citoyens redoutent déjà le spectacle habituel : transformer les affaires les plus graves en banalités administratives, ou, pire encore, en simple « farine de maïs ».
Cette affaire révèle une fois de plus la brutalité des règlements de comptes au sommet de l’État. Au lieu de consolider les institutions de contrôle, certains dirigeants préfèrent les dompter.
Au Tchad, la justice et la lutte contre la corruption semblent encore condamnées à marcher avec des chaînes aux pieds. Et tant que les décisions se prendront dans l’ombre des intérêts politiques, l’injustice continuera de prospérer, tranquille et arrogante.
L’affaire ne fait que commencer.