jeudi 16, avril 2026

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Tchad : Ousmane Barh Mahamat Itno, l’ombre d’un prétendant face au pouvoir de Mahamat Kaka

Le paysage politique et militaire tchadien s’assombrit dangereusement. Au cœur des tensions grandissantes au sein de l’appareil sécuritaire, un nom circule désormais avec insistance dans les cercles militaires et communautaires : Ousmane Barh Mahamat Itno. Commandant de la force mixte Tchad–Soudan, cet officier, nommé à l’époque du maréchal Idriss Déby Itno, apparaît aujourd’hui comme l’un des pivots d’un rapport de force inédit face au pouvoir de Mahamat Idriss Déby Itno.

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Depuis plusieurs semaines, les crispations se multiplient dans les rangs de la communauté zaghawa, notamment après les accusations visant N’Djamena de soutenir les Forces de soutien rapide (FSR) dans la guerre qui ravage le Soudan. Ces milices, dirigées par Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemedti, sont accusées de massacres visant des populations civiles, parmi lesquelles figurent des Zaghawa soudanais, appelés localement “Toroboro”.

 

Dans ce climat d’indignation, une frange importante de généraux zaghawa verrait désormais en Ousmane Barh Mahamat Itno un recours capable de stopper ce qu’ils qualifient d’« hémorragie » politique et communautaire. Dans les coulisses du pouvoir, certains murmurent déjà l’hypothèse d’un basculement brutal de l’équilibre interne.

 

La tension a atteint un seuil critique dans la localité stratégique de Tiné, à la frontière tchadienne. Envoyés pour désarmer les populations dans cette zone sensible, le commandant de la Garde nationale et nomade du Tchad ainsi que le ministre de la Défense ont essuyé un revers retentissant. Selon plusieurs sources locales, la résistance organisée autour des forces loyales à Ousmane Barh Mahamat Itno aurait contraint les autorités à battre en retraite.

 

Cet épisode, inédit par son audace, révèle la profondeur des fractures qui traversent aujourd’hui le système sécuritaire tchadien. Dans un pays où l’armée demeure la clé du pouvoir, la montée en puissance d’un officier disposant d’appuis solides au sein de la hiérarchie militaire pourrait rapidement rebattre les cartes.

 

Pour l’heure, Mahamat Idriss Déby Itno conserve les leviers institutionnels de l’État. Mais les fissures au sein de son propre socle communautaire constituent un avertissement redoutable. L’histoire politique du Tchad l’a souvent démontré : lorsque les rivalités internes à l’armée éclatent au grand jour, le pouvoir vacille.

 

Et dans les couloirs feutrés de N’Djamena comme dans les garnisons du désert, une question commence à circuler avec insistance : Ousmane Barh Mahamat Itno est-il en train de se transformer en alternative militaire au sommet de l’État ?