jeudi 16, avril 2026

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Tchad: Pourquoi ils veulent tuer Masra?

autour de Succès Masra, l’ombre d’un règlem. Succès Masra dérange. Et dans l’arène politique tchadienne, déranger équivaut souvent à être traqué. Depuis plusieurs mois, le président du parti Les Transformateurs se retrouve au cœur d’un étau politique dont les mâchoires semblent se resserrer méthodiquement. Arrestation, pressions politiques, tentatives de division interne : les méthodes employées interrogent sérieusement sur la nature du combat engagé contre luient politique.

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Après les événements sanglants du Manifestations du 20 octobre 2022 au Tchad, l’opposant avait déjà été contraint à l’exil avant de signer l’accord de Kinshasa sous la menace d’un mandat d’arrêt international. À l’époque, ses détracteurs avaient déjà tenté de présenter cet acte comme un aveu de faiblesse. Pourtant, l’histoire semble aujourd’hui révéler un autre scénario : celui d’un adversaire politique que certains cercles du pouvoir souhaitent neutraliser coûte que coûte, voir physiquement.

L’affaire dite de Mandakaou apparaît désormais comme un nouvel instrument de pression. Pour ses partisans, l’objectif serait clair : enfermer politiquement et physiquement Masra afin de l’obliger à signer de nouveaux compromis allant jusqu’à l’abandon de son parti au profit du parti au pouvoir, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS).

Mais le calcul semble s’être heurté à un mur. Malgré sa santé fragile et les multiples propositions qui lui ont été faites pour obtenir sa liberté, Masra n’aurait cédé « pas d’un seul iota », selon plusieurs proches. Une attitude qui nourrit sa propre légende politique : celle d’un homme prêt à payer le prix de la prison avant celui du pouvoir, à l’image des grandes figures de résistance politique comme Mandela.

Pendant ce temps, une autre inquiétude agite certains cercles du régime : la mobilisation financière autour du « fonds de la dignité ». En quelques semaines seulement, les contributions auraient atteint près de 500 millions de francs CFA. Dans certains milieux du pouvoir, la rumeur court qu’un tel élan pourrait, à terme, renforcer considérablement les capacités politiques et organisationnelles du mouvement.

Dans cette bataille de l’ombre, plusieurs figures du paysage politique sont citées par les partisans de Masra comme ayant contribué à son isolement politique : Saleh Kebzabo, Laoukein Kourayo Médard, Limane Mahamat, Issa Doubragne, Souleymane Lony ou encore Aziz Mahamat Saleh. À cela s’ajoute la crise interne au sein des Transformateurs, où Masri Moustapha est présenté par certains militants comme l’un des instruments d’une stratégie visant à fissurer le parti de l’intérieur et la coalition.

Dans ce théâtre politique où les intrigues se nouent dans l’ombre, une question demeure : s’agit-il d’une simple rivalité politique ou d’une tentative méthodique d’élimination d’un adversaire devenu trop encombrant ?

Car au Tchad, l’histoire récente l’a montré : quand la politique abandonne le terrain du débat pour celui des manœuvres, ce n’est plus la démocratie qui respire… mais la peur qui gouverne.