jeudi 16, avril 2026
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Au Sénat, l’intervention du sénateur Ibrahim Foullah, censée défendre les enseignants en grève, a provoqué un malaise retentissant.
En commentant l’interpellation du Premier ministre, l’élu a qualifié le mouvement des enseignants de « faute », appelant le gouvernement à « pardonner les enseignants qui ont fauté ». Une formule qui, loin de plaider leur cause, a été perçue comme une gifle symbolique adressée à tout le corps enseignant.
Grève : un droit ou un péché ?
Dans toute démocratie digne de ce nom, la grève demeure un droit reconnu, souvent l’ultime recours de travailleurs confrontés au silence du pouvoir. Assimiler cet acte à une faute revient à criminaliser l’expression sociale et à réduire les revendications légitimes à une simple indiscipline.
Pour de nombreux observateurs, la sortie d’Ibrahim Foullah révèle un paradoxe : prétendre défendre les enseignants tout en validant la lecture gouvernementale qui transforme une revendication sociale en déviance à corriger. Derrière ce discours paternaliste se dessine une conception inquiétante du dialogue social.
Au fond, la question reste entière : si exercer un droit devient une faute qu’il faut pardonner, quelle conception de la démocratie est réellement à l’œuvre au Tchad ?