mardi 28, juillet 2026
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L'arrestation du coordonnateur départemental de suivi et d'appui au RGPH3 dans le département de Man-Mbagué, province de la Tandjilé, pose de sérieuses interrogations sur les dérives de l'autorité administrative et les entraves au bon déroulement d'une opération d'intérêt national.
Selon les informations recueillies, Nodji-Yambye Djendou Salomon, coordonnateur départemental de suivi et d'appui au Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH3) et membre du conseil politique national (CPN) du MPS, a été interpellé dans la matinée du 12 juillet, aux environs de 6 heures, sur ordre du préfet du département de Man-Mbagué, Bokhit Tebir Boderio.
Le motif avancé est pour le moins surprenant : le coordonnateur aurait refusé d'exécuter l'ordre du préfet exigeant le retour immédiat à la préfecture des équipements du recensement, groupes électrogènes, multiprises, batteries externes et autres matériels, alors que ceux-ci étaient déjà déployés sur le terrain pour permettre aux équipes de travailler.
Une décision qui pénalise le recensement
D'après les éléments disponibles, les agents recenseurs étaient déjà confrontés à deux jours d'inactivité faute de moyens énergétiques. Une fois le matériel réceptionné, celui-ci a été immédiatement acheminé vers les équipes conformément aux besoins opérationnels.
Le coordonnateur a simplement appliqué les directives du directoire national du RGPH3. Ces consignes prévoient que les équipements restent sous la responsabilité exclusive des coordinations du recensement afin d'éviter les détournements constatés lors d'opérations antérieures. Les matériels doivent être distribués aux équipes de terrain, récupérés à la fin des travaux puis conservés jusqu'aux instructions du directoire.
Dans ces conditions, exiger leur retour à la préfecture revenait à interrompre une mission nationale déjà retardée, car ils ont démarré avec un retard puis retardé à cause de manque d'électricité dans cette zone.
L'administration au service de l'intérêt général ou de l'ego ?
Cette affaire dépasse le simple différend administratif. Elle pose une question fondamentale : un représentant de l'État peut-il faire arrêter un responsable technique pour avoir appliqué les instructions de sa hiérarchie nationale ?
Si les faits sont confirmés, cette arrestation donnerait l'image d'une administration où l'autorité se substitue au droit, où les menottes deviennent un instrument de gestion des désaccords administratifs et où la peur remplace le dialogue.
Les opérations du RGPH3 mobilisent des ressources publiques considérables. Leur réussite dépend de la coopération entre les autorités administratives et les responsables techniques, non de rapports de force susceptibles de compromettre la collecte des données.
La transparence doit prévaloir
Cette affaire mérite une clarification rapide des autorités nationales chargées du RGPH3 ainsi que du ministère concerné. Si le coordonnateur a effectivement appliqué les procédures officielles, son arrestation constitue un précédent particulièrement préoccupant pour tous les agents engagés dans cette opération stratégique.
Le recensement général de la population ne peut devenir le théâtre d'abus d'autorité ni d'interférences administratives. Les citoyens attendent des institutions qu'elles garantissent le bon déroulement de cette mission nationale dans le strict respect de la légalité, et non qu'elles transforment un désaccord administratif en affaire pénale.
Affaire à suivre...