jeudi 16, avril 2026
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À N’Djaména, ce qui devrait relever de la sécurité routière vire à une prédation méthodique. Sous le viaduc de Chagoua, à proximité du pont de la Refondation, des pratiques illégales imputées à des éléments de la Brigade de circulation routière (BCR) soulèvent indignation et colère chez les usagers.
Chaque jour, sans cadre légal apparent, des agents postés aux abords du viaduc procèdent à des contrôles systématiques de véhicules. Une pratique en totale contradiction avec les règles établies. Car en principe, les contrôles de pièces relèvent de commissions officiellement constituées, opérant de manière ponctuelle, encadrée et traçable. Rien de tel ici : place à l’arbitraire.
Au cœur de ce dispositif décrié, un nom revient avec insistance : le commandant Brahim, chef de poste de la BCR istallé dans ce coin. Selon plusieurs témoignages concordants, l’homme aurait instauré un système parallèle où le contrôle routier devient un prétexte à extorsion. Pire, il lui est reproché de dissimuler ses insignes de grade pour opérer en toute discrétion, en contradiction flagrante avec les usages de la hiérarchie policière.
Le mode opératoire est rodé : interception systématique des véhicules, pression psychologique, menace de mise en fourrière ou de transfert devant une prétendue commission. Mais dans les faits, aucune procédure n’est engagée. L’issue est presque toujours la même : un arrangement financier immédiat, au mépris total de la loi.
Les usagers dénoncent un véritable péage clandestin imposé à répétition, parfois à l’aller comme au retour. Une double ponction qui transforme un simple trajet en parcours de taxation sauvage. « Ici, si vous n’avez pas vos papiers, vous payez. Si vous les avez, on trouve toujours un motif », confie un conducteur excédé.
Cette situation pose une question fondamentale : depuis quand des agents isolés, fussent-ils de la BCR, peuvent-ils se substituer à une commission officielle et détourner les procédures à leur profit ? L’impunité apparente dont bénéficient ces pratiques jette une ombre inquiétante sur la chaîne de commandement.
Au-delà des abus individuels, c’est toute la crédibilité de l’institution policière qui vacille. Car lorsque le contrôle routier devient un instrument de racket, la loi perd son sens et l’autorité son honneur.
Il est temps que les autorités compétentes ouvrent les yeux, et surtout, ouvrent une enquête. Car sous le viaduc de Chagoua, ce n’est pas seulement la circulation qui est régulée : c’est la confiance des citoyens qui est systématiquement rançonnée.
Eric Ngarlem Toldé