jeudi 16, avril 2026
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Depuis son indépendance en 1960, le Tchad semble prisonnier d’un cycle politique infernal où les crises succèdent aux crises, comme si l’instabilité constituait le véritable carburant du système. Derrière les discours officiels sur l’unité nationale et la réconciliation, une réalité brutale persiste : le pouvoir s’est souvent construit sur la logique de la confrontation, de la prédation et de la confiscation.
Le journaliste Nadjikimo Benoudjita rappelle que les racines de cette situation plongent bien au-delà des turbulences contemporaines. Selon lui, la crise de 1963 – fréquemment présentée comme un épisode fondateur de la contestation politique – n’est en réalité que l’expression moderne d’une culture politique bien plus ancienne, façonnée par des siècles de rivalités violentes dans l’espace du Soudan central.
Du XIᵉ siècle jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle, la région fut dominée par des royaumes et sultanats dont la prospérité reposait largement sur la guerre et la traite humaine. Les entités politiques telles que le Kanem, le Ouaddaï, le Baguirmi ou encore le Kanem-Bornou se disputaient territoires et populations dans une spirale de raids, de pillages et d’asservissement. La règle était simple : détruire l’ennemi, s’emparer de ses biens et transformer les vaincus en tributaires chargés de fournir ivoire, chevaux ou esclaves.
Dans cet univers politique brutal, l’allégeance n’était qu’une trêve fragile. Le vassal d’hier devenait le rival de demain. Les intrigues de palais, les révoltes et les trahisons nourrissaient un climat de suspicion permanente où la dignité humaine comptait peu face à l’appât du gain.
Pour Nadjikimo Benoudjita, une part de cette mentalité n’a jamais réellement disparu. Elle aurait survécu dans certaines pratiques politiques contemporaines, où la conquête et la conservation du pouvoir priment sur la construction d’un État juste et productif. L’arrivée au pouvoir des héritiers des rébellions issues du FROLINAT aurait simplement remplacé les anciens potentats par de nouveaux acteurs, souvent accusés de reproduire les mêmes logiques : prédation des ressources publiques, mépris du travail productif et culte du gain facile.
Dans ces conditions, invoquer la cohabitation pacifique sans s’attaquer à cette culture politique profondément enracinée revient, selon certains observateurs, à manier des slogans creux. Tant que la logique de domination, d’accaparement et d’impunité restera au cœur du système, le pays risque de demeurer enfermé dans un cycle où les conflits ne sont pas des accidents… mais un mode de gouvernance.
Depuis son indépendance en 1960, le Tchad semble prisonnier d’un cycle politique infernal où les crises succèdent aux crises, comme si l’instabilité constituait le véritable carburant du système. Derrière les discours officiels sur l’unité nationale et la réconciliation, une réalité brutale persiste : le pouvoir s’est souvent construit sur la logique de la confrontation, de la prédation et de la confiscation.
Le journaliste Nadjikimo Benoudjita rappelle que les racines de cette situation plongent bien au-delà des turbulences contemporaines. Selon lui, la crise de 1963, fréquemment présentée comme un épisode fondateur de la contestation politique, n’est en réalité que l’expression moderne d’une culture politique bien plus ancienne, façonnée par des siècles de rivalités violentes dans l’espace du Soudan central.
Du XIᵉ siècle jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle, la région fut dominée par des royaumes et sultanats dont la prospérité reposait largement sur la guerre et la traite humaine. Les entités politiques telles que le Kanem, le Ouaddaï, le Baguirmi ou encore le Kanem-Bornou se disputaient territoires et populations dans une spirale de raids, de pillages et d’asservissement. La règle était simple : détruire l’ennemi, s’emparer de ses biens et transformer les vaincus en tributaires chargés de fournir ivoire, chevaux ou esclaves.
Dans cet univers politique brutal, l’allégeance n’était qu’une trêve fragile. Le vassal d’hier devenait le rival de demain. Les intrigues de palais, les révoltes et les trahisons nourrissaient un climat de suspicion permanente où la dignité humaine comptait peu face à l’appât du gain.
Pour Nadjikimo Benoudjita, une part de cette mentalité n’a jamais réellement disparu. Elle aurait survécu dans certaines pratiques politiques contemporaines, où la conquête et la conservation du pouvoir priment sur la construction d’un État juste et productif. L’arrivée au pouvoir des héritiers des rébellions issues du FROLINAT aurait simplement remplacé les anciens potentats par de nouveaux acteurs, souvent accusés de reproduire les mêmes logiques : prédation des ressources publiques, mépris du travail productif et culte du gain facile.
Dans ces conditions, invoquer la cohabitation pacifique sans s’attaquer à cette culture politique profondément enracinée revient, selon certains observateurs, à manier des slogans creux. Tant que la logique de domination, d’accaparement et d’impunité restera au cœur du système, le pays risque de demeurer enfermé dans un cycle où les conflits ne sont pas des accidents… mais un mode de gouvernance.