jeudi 11, juin 2026

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Tchad/Morom : 72 hectares bradés pour une poignée de billets, la prédation foncière à visage découvert

Dans le Guéra, la terre nourricière est liquidée comme une marchandise sans valeur. À Morom, 72 hectares auraient été cédés pour 750 000 FCFA à un individu extérieur, sur fond de complicités locales. Une affaire qui expose, crûment, les dérives d’un système où l’abus d’autorité piétine les droits des communautés.

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À Morom, le scandale n’a rien d’une rumeur : il a la densité d’un acte de dépossession. Soixante-douze hectares, soit des années de sueur et de survie, auraient été concédés à vil prix à un homme venu de N’Djaména, étranger à la localité. Montant de la transaction : 750 000 FCFA. À ce tarif, la terre devient butin.

 

Derrière cette cession contestée, des doigts accusateurs pointent des autorités administratives et traditionnelles. Ceux qui devraient protéger le patrimoine collectif sont aujourd’hui soupçonnés de l’avoir monnayé. Une faute lourde, presque une trahison sociale. Car ici, la terre n’est pas un luxe : elle est le socle de la vie, le grenier des familles, la mémoire des ancêtres.

 

La colère gronde. Les habitants dénoncent une spoliation pure et simple, une mécanique bien rodée où le silence s’achète et les droits se confisquent. À Morom, on ne parle plus de gestion foncière, mais d’un pillage organisé, maquillé en procédure.

 

Ce dossier met à nu une réalité plus vaste : l’abandon des communautés rurales face à l’arbitraire. Qui protège encore les paysans lorsque ceux censés faire rempart deviennent les courtiers de leur propre dépossession ? Si rien n’est fait, Morom ne sera qu’un épisode de plus dans la chronique d’une terre vendue à la découpe, au mépris de ceux qui la font vivre.