jeudi 16, avril 2026

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UNICEF-Tchad : 165 salles de classe, un marché sous emprise et un système décrié

Le vernis humanitaire se fissure à mesure que les faits remontent à la surface. L’appel d’offres lancé pour la construction de 165 salles de classe à N’Djamena, officiellement clôturé le 27 février, se retrouve aujourd’hui au cœur de graves soupçons.

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Derrière ce projet éducatif d’envergure, plusieurs sources dénoncent un mécanisme opaque solidement installé au sein de l’UNICEF Tchad.

Au centre des accusations, un nom revient avec insistance : Edgard Ndjessangdjim. Selon des témoignages concordants, il serait l’un des pivots d’un réseau informel structuré, opérant en marge des procédures officielles.

Un marché déjà joué d’avance ?

Alors même que le dépouillement est à peine engagé, les jeux semblent faits. Appels nocturnes, rencontres discrètes dans des hôtels, circulation de liquidités : le processus, censé être rigoureux, se transforme en théâtre d’arrangements officieux. Les « gagnants » sont connus bien avant toute proclamation formelle, car les enveloppes parlent mieux que les compétences.

Dans ce circuit parallèle, Emmanuel Koffi  est cité comme un relais actif. Il opérerait depuis un restaurant de N’Djamena nommé « Yopougon », où se tiendraient certaines tractations à l’abri des regards. De leur côté, les soumissionnaires évoquent des paiements exigés pour espérer voir leurs dossiers examinés, une pratique qui dénature profondément l’esprit même de l’appel d’offres.

Pressions, faux engagements et intermédiation trouble

Le dispositif dénoncé ne s’arrêterait pas là. Un autre acteur, identifié comme Abraham, serait chargé de négocier les termes des marchés. Plusieurs entrepreneurs affirment avoir été contraints de signer des engagements fictifs reconnaissant des dettes, une manœuvre destinée à camoufler des paiements illicites.

À ce trio s’ajouterait un architecte nommé Bekoye Doumde Iréné, dont le cabinet d’études, censé assurer la mission de contrôle des travaux, servirait en réalité d’interface entre certaines entreprises et des responsables internes. Une confusion des rôles qui jette un doute sérieux sur l’intégrité du processus de suivi technique.

Un système verrouillé, une colère grandissante

Refuser de se soumettre à ces pratiques reviendrait, selon plusieurs témoignages, à être purement écarté du processus. Les marchés seraient ainsi verrouillés en amont, transformant une procédure publique en un cercle fermé réservé à quelques initiés.

Face à ce qu’ils qualifient de « racket institutionnalisé », les entrepreneurs sortent de leur réserve. La contestation s’amplifie, les dénonciations se multiplient, et la pression monte pour exiger des enquêtes indépendantes.

Dans ce contexte explosif, le silence de l’UNICEF Tchad devient de plus en plus lourd de conséquences. Car au-delà des individus cités, c’est l’image même d’une institution internationale, engagée pour l’enfance, qui vacille.

Quand la construction d’écoles devient le prétexte d’arrangements occultes, ce n’est pas seulement l’argent qui est détourné, c’est l’avenir des enfants qui est compromis.

Les révélations ne font que commencer. Les images et audios circulent déjà. 
Affaire à suivre...